Lettre Mensuelle d'AJF - avril 2026

 Temps de lecture: 5 minutes.


Chers Clients,

En cette période de tensions sur les marchés, il nous paraît important de dresser un état des lieux sur le mois écoulé.

Pour rappel, notre rôle en tant que conseiller est de filtrer l’information disponible (médias, réseaux sociaux…) pour ne retenir dans notre analyse que les éléments ayant un réel impact sur les marchés. C’est sur la base de ces éléments que nous prenons des décisions pour orienter au mieux vos avoirs en fonction du contexte actuel.

Nous restons naturellement à votre disposition pour répondre à vos questions ou pour faire un point personnalisé sur vos avoirs.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

 

Un mois qui a fait basculer le risque géopolitique

En l’espace de quelques semaines, une tension latente au Moyen-Orient s’est transformée en un conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran.

Ce qui relevait encore récemment d’un risque géopolitique est devenu un facteur central pour les marchés financiers.

Après une phase de tensions diplomatiques croissantes, le conflit a franchi un cap avec des frappes visant notamment des infrastructures énergétiques et stratégiques dans la région.

La situation s’est rapidement complexifiée, avec des réactions en chaîne et une montée progressive de l’intensité des échanges.

 

Le véritable point de tension : le détroit d’Ormuz

Très rapidement, le centre de gravité du conflit s’est déplacé vers le détroit d’Ormuz.

Le trafic maritime y a été fortement perturbé, jusqu’à devenir quasi inexistant pendant plusieurs jours, avec un impact direct sur l’approvisionnement mondial en énergie.

Cette désorganisation a été amplifiée par des attaques ciblées sur des infrastructures énergétiques, notamment en Iran et dans le Golfe, alimentant la crainte d’un choc durable sur l’offre mondiale.

Ce point reste aujourd’hui le principal déterminant de l’évolution de la crise.

Carte du détroit d’Ormuz / Source : TV5Monde

Un choc énergétique marqué

La conséquence immédiate a été une forte tension sur les prix de l’énergie.

Le pétrole a rapidement dépassé les 100 dollars le baril, atteignant ponctuellement des niveaux proches de 120 dollars dans les phases les plus tendues.

Cette hausse s’inscrit dans un contexte où les marchés redoutent moins le choc initial que sa durée. C’est davantage la destruction d’infrastructures énergétiques et les perturbations logistiques et leurs conséquences sur l’offre mondiale qui inquiète.

Le choc énergétique qui en découlent génère de l’inflation, qui pourrait déstabiliser les principales économies mondiales déjà fragilisées depuis ces dernières années.

Cours du pétrole / Source : Boursorama.com

Des marchés accrochés aux signaux politiques

Depuis le début du conflit, les marchés évoluent au rythme des annonces politiques, que ce soit du côté des Etats-Unis en la personne de Donald Trump, ou du régime Iranien.

Chaque signal de désescalade, même limité, a été accueilli positivement : détente des taux, rebond des actions et stabilisation temporaire du pétrole.

À l’inverse, les déclarations plus offensives, comme les menaces de nouvelles frappes sur les infrastructures énergétiques, ont rapidement ravivé la volatilité et pesé sur les actifs risqués.

Cette alternance de phases d’optimisme et de tensions traduit un manque de visibilité persistant.

 

Des conséquences économiques encore contenues

Malgré la hausse des prix de l’énergie, l’économie mondiale fait preuve d’une certaine résilience à ce stade.

C’est un phénomène courant car la majorité des indicateurs de santé des économies sont retardés (et donc que les chiffres sur le mois de mars ne sont pas encore disponibles).

Toutefois, le principal point de vigilance concerne l’inflation. Les banques centrales adoptent un ton plus prudent, conscientes du risque de transmission du choc énergétique à l’ensemble de l’économie.

Cette situation les place dans une position délicate, entre soutien à la croissance et lutte contre l’inflation. Les anticipations de hausse de taux (qui étaient plutôt des baisses avant le conflit) sont de plus en plus nombreuses parmi les analystes et intervenants des marchés.

 

Quels scénarios pour la suite ?

À ce stade, l’évolution du conflit dépend principalement de deux facteurs : la situation sur le terrain et les avancées diplomatiques.

Le scénario le plus probable reste celui d’un conflit prolongé mais contenu, avec des phases alternées de tension et d’accalmie. Ce type de configuration est déjà visible dans la réaction des marchés, qui oscillent en fonction des annonces, sur une tendance de fonds baissière.

Un scénario plus défavorable impliquerait une intensification des attaques sur les infrastructures énergétiques et une perturbation durable de l’offre, ce qui accentuerait les pressions inflationnistes (ce que n’aiment pas les marchés actions).

À l’inverse, une désescalade rapide permettrait une normalisation progressive des conditions de marché, en particulier sur l’énergie. Ce scénario perd chaque jour un peu plus de poids en terme de probabilités.

Dans ce contexte, la prudence reste de mise, en raison du manque de visibilité à court terme.

Si l’on regarde les précédentes phases de tensions sur les marchés, la période n’est pas propice à la remise en cause d’une stratégie d’investissement.

Certains ajustements ponctuels peuvent être opérés, mais il est important de rappeler que les portefeuilles sont conçus pour amortir une partie de la baisse générée par ces événements.

Comme le montrent les dernières semaines, les marchés sont capables de se stabiliser rapidement dès que des signaux d’apaisement apparaissent.

Un rebond important n’est pas non plus à exclure au vu de la précédente phase de baisse, même s’il n’est que temporaire.

 

Cours du S&P 500 / Source : Boursorama.com

Conclusion

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran constitue un choc géopolitique significatif, dont l’impact passe “principalement” par le canal énergétique.

La situation reste très évolutive. Nous surveillons de près le principal indicateur de ce conflit : le prix du pétrole.

Mais à ce stade, les marchés traitent ce conflit comme un facteur de volatilité, davantage que comme une crise systémique.

 

Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

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