Lettre Mensuelle d'AJF - décembre 2025

 Temps de lecture: 5 minutes.


💡 L’essentiel à retenir :

Actualité : Les États-Unis poursuivent leur ascension boursière malgré un ralentissement macroéconomique, l’Europe cherche de nouveaux repères et la reprise chinoise reste hésitante.

Marchés : Les actions progressent mais la sélection devient plus marquée ; les taux se détendent et l’or reste porté par un dollar plus faible.

Perspectives : Un environnement propice aux opportunités : maintien d’une exposition constructive aux actions, renforcement de la duration obligataire et rôle accru des actifs réels dans la diversification.

📊 L’essentiel de l’actualité :

États-Unis

Les marchés américains poursuivent leur progression, portés par des résultats d’entreprises solides et par un regain d’optimisme autour de la politique monétaire de la FED.

Pourtant, derrière ce dynamisme apparent, un malaise grandit : le marché devient plus exigeant, sanctionnant sévèrement les entreprises dont la rentabilité ne suit pas la cadence des dépenses.

L’essor spectaculaire de l’intelligence artificielle continue d’alimenter une forme d’euphorie, mais les investisseurs se demandent désormais si la performance boursière peut rester déconnectée d’une économie réelle qui ralentit.

Cours du S&P 500 sur un an glissant / Source : Boursorama.com

 

Europe et zone euro

En Europe, le climat est plus contrasté. Les indicateurs macroéconomiques restent hétérogènes, et la zone euro peine à retrouver une dynamique claire : ralentissement industriel, consommation prudente, et incertitudes politiques persistantes.

Les investisseurs attendent des signaux plus tangibles quant à l’évolution de la politique monétaire — la BCE souhaite accompagner la désinflation, mais doit composer avec une croissance atone et des budgets publics sous tension.

Cette recherche de visibilité se traduit par un marché plus volatil, où les réactions sont parfois disproportionnées : de bonnes nouvelles sont accueillies tièdement, tandis que les mauvaises génèrent des mouvements brusques. L’Europe évolue dans un environnement fragile, où le manque de lisibilité pèse davantage que les données elles-mêmes.

Cours de l'Euro Stoxx 50 sur un an glissant / Source : boursorama.com

 

Chine et marchés émergents

En Chine, la reprise peine à s’ancrer durablement. Les grandes annonces de soutien — notamment envers la technologie, l’innovation et la transition énergétique — ne suffisent plus à dissiper les inquiétudes liées à la consommation intérieure et au secteur immobilier. Les investisseurs cherchent des preuves concrètes d’un redémarrage plus équilibré, mais les signaux restent contradictoires.

Dans le reste des marchés émergents, la dynamique demeure meilleure, en particulier dans les économies bénéficiaires du recul du dollar et d’une inflation plus maîtrisée.

Toutefois, la prudence l’emporte : la moindre déception en Chine ou un retournement des conditions monétaires américaines pourrait rapidement freiner l’élan.

 

France : ce que prévoit le Projet de Loi de Finances 2026

Le PLF 2026, déposé le 14 octobre 2025, prévoit un budget visant à ramener le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026 (contre environ 5,4 % en 2025).  Parmi les mesures phares pour les particuliers et les patrimoines :

 

  • Une taxation renforcée des holdings patrimoniales : le projet prévoit d’instaurer un prélèvement spécifique sur les actifs non opérationnels détenus via ces structures, ce qui pourrait impacter les patrimoines importants structurés via holdings.

 

  • Le maintien d’une contribution minimale pour les hauts revenus : le mécanisme temporaire instauré en 2025, qui visait les contribuables avec revenus supérieurs à 250 000 € (500 000 € pour un couple soumis à imposition commune), sera reconduit pour 2026.

 

  • Une réforme de la taxation du patrimoine « improductif »(sur la base de l’Impôt sur la fortune immobilière, IFI), étendue aux actifs non productifs autres que l’immobilier directement exploité — ce qui pourrait élargir l’assiette pour certains investisseurs.

 

  • Hausse envisagée de la CSG : Les documents préparatoires associés au PLF 2026 et au PLFSS 2026 évoquent un ajustement de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) appliquée aux revenus du capital. La hausse prévue à l’heure actuelle est de 1 point, portant le taux global des prélèvements sociaux à 18,2% au lieu de 17,2%.

 

  • Réforme potentielle du pacte Dutreil : clarifications apportées aux conditions de remploi, d’engagement et de conservation, afin d’éviter les stratégies d’optimisation trop agressives.

⚠️ À noter : le texte du PLF 2026 a été rejeté en première lecture à l’Assemblée nationale le 21 novembre 2025.  Plusieurs mesures sont donc encore susceptibles d’être modifiées avant adoption définitive — d’où l’importance d’anticiper mais aussi de rester attentif aux arbitrages parlementaires.

📉 Analyse des marchés :

Actions :

Les marchés actions restent globalement bien orientés, portés par des résultats d’entreprises solides et par l’idée d’un environnement monétaire moins contraignant en 2026.

Les grands indices américains et européens évoluent proche de leurs plus hauts, mais la progression est désormais plus heurtée : les publications jugées “moyennes” sont sanctionnées, et seules les sociétés capables de délivrer à la fois croissance et discipline sur leurs coûts continuent de surperformer.

Le thème de l’intelligence artificielle reste un moteur important, mais l’enthousiasme est plus nuancé qu’il ne l’était en début d’année : les valeurs dont le discours repose essentiellement sur des promesses d’IA, sans traduction tangible en termes de résultats, voient leur prime se réduire.

À l’inverse, les entreprises plus “classiques”, rentables, bien valorisées, retrouvent progressivement l’intérêt des investisseurs.

Le marché entre ainsi dans une phase plus mature, où le stock-picking reprend le dessus sur l’achat global d’indice.

 

Obligations et taux :

Sur le marché des obligations, les fortes tensions des derniers mois s’apaisent. Les taux d’intérêt à long terme sont en baisse par rapport à leurs récents sommets, car l’économie mondiale ralentit et les banques centrales se montrent moins strictes.

Dans ce contexte, les obligations d’État de bonne qualité redeviennent intéressantes car elles offrent un rapport rendement / risque correct.

Les obligations d’entreprises bien notées (dites Investment Grade) restent recherchées avec un bon équilibre entre rendement et visibilité.

En revanche, les obligations plus risquées (appelées High Yield) sont plus sensibles : le coût pour les entreprises de se refinancer reste élevé et les différences de solidité entre émetteurs sont importantes. Il est donc essentiel de bien choisir chaque émetteur et de ne pas trop s’exposer à ce segment.

 

Matières premières et devises :

Les matières premières évoluent dans un environnement contrasté. L’or a inscrit de nouveaux sommets cette année, porté par la perspective d’achats soutenus des banques centrales et un contexte géopolitique toujours fragile.

Il conserve un statut central d’actif de diversification et de couverture dans les allocations. Le pétrole, lui, oscille dans un couloir de prix relativement étroit, reflet d’une demande mondiale plus hésitante mais d’une offre toujours encadrée par les grands producteurs.

Sur le marché des changes, le dollar a perdu une partie de sa force, sous l’effet de l’anticipation d’une politique monétaire américaine moins restrictive. Ce recul bénéficie à l’euro et à certaines devises émergentes, tout en facilitant le financement de plusieurs économies sensibles au coût du dollar.

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Cours de l'once d'or sur un an glissant / Source : boursorama.com

🔮 Nos perspectives :

Les marchés abordent la fin d’année dans un climat plus constructif : la désinflation se confirme, les banques centrales préparent une phase d’assouplissement et les valorisations, sans être encore attractives partout, offrent de nouvelles opportunités.

Dans ce contexte, nous conservons une approche sélective mais opportuniste, cherchant à tirer parti des tendances porteuses tout en maintenant un socle de qualité au cœur des portefeuilles.

 

Actions :

Les marchés actions demeurent bien orientés et plusieurs signaux incitent à maintenir une exposition importante.

La solidité des bénéfices, l’assouplissement monétaire à venir et le soutien des secteurs technologiques créent un environnement favorable, en particulier pour les entreprises capables de générer des flux de trésorerie réguliers.

Nos axes privilégiés :

  • États-Unis : conserver une exposition aux leaders technologiques et industriels, dont la capacité d’adaptation reste un atout majeur.
  • Europe : renforcer les valeurs défensives de qualité, mais aussi certaines industries tournées vers l’export.
  • Marchés émergents : cibler les économies en forte croissance interne (notamment l’Inde), où la démographie et l’investissement domestique soutiennent les valorisations.

 

Obligations :

Le reflux des taux souverains et la perspective d’un cycle de baisse en 2026 redonnent de la visibilité au marché obligataire.

Nous renforçons progressivement les obligations à moyen terme, qui se situent dans une zone où le couple rendement/risque devient plus attractif.

Priorités :

  • privilégier les dettes souveraines de qualité (États-Unis, Europe du Nord)
  • renforcer le crédit Investment Grade, offrant un rendement optimal avec une volatilité maîtrisée
  • rester sélectif sur le High Yield, où les spreads élevés masquent des risques de défaut encore élevés

 

Matières premières et devises :

L’or demeure un actif central dans notre allocation. Sa progression récente vers ses plus hauts historiques confirme son rôle de refuge, soutenu par la détente du dollar et les achats persistants des banques centrales.

Le pétrole, quant à lui, devrait évoluer dans un couloir stable, offrant des opportunités tactiques sans constituer une ligne stratégique majeure.

Sur les devises, un dollar plus faible crée un environnement porteur pour les émergents et redonne un peu de souffle à l’euro. Nous privilégions une exposition mesurée au billet vert.

📈 Performances des marchés  

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

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