Lettre Mensuelle d'AJF - novembre 2025

 Temps de lecture: 5 minutes.


💡 L’essentiel à retenir :

Actualité : Ralentissement maîtrisé aux États-Unis, désinflation confirmée en Europe et reprise encore fragile en Chine. Les banques centrales amorcent une phase plus souple sans relancer l’inflation.

Marchés : Les actions consolident après un été solide, les taux se stabilisent et l’or conserve sa dynamique d’actif refuge.

Perspectives : Favoriser la qualité et la flexibilité : obligations souveraines et crédit Investment Grade, valeurs défensives en actions, et maintien d’une poche d’or et de liquidités pour amortir les phases de volatilité.

 

📊 L’essentiel de l’actualité :

États-Unis

L’économie américaine avance sur une ligne de crête. Les bénéfices des grandes entreprises soutiennent encore les marchés, mais le ralentissement de l’emploi et la prudence des ménages confirment un essoufflement de la croissance.

La Fed a abaissé ses taux de 25 points de base, cherchant à accompagner ce ralentissement sans raviver l’inflation. Entre espoir d’un « atterrissage en douceur » et crainte d’une stagnation prolongée, les investisseurs restent partagés.

Dans l’ensemble, la conjoncture américaine reste solide mais plus vulnérable aux surprises macroéconomiques qu’au cours des derniers trimestres.

Source : Silex Partners

 

Europe et zone euro

En Europe, la désinflation se poursuit, offrant un peu d’air à la BCE. Mais la reprise reste timide : la demande intérieure manque de vigueur et les budgets nationaux, contraints, limitent la relance.

À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques et énergétiques, qui rappellent la fragilité du contexte européen. Même si les taux se stabilisent, la prudence domine dans les stratégies d’allocation.

Les investisseurs privilégient désormais les segments défensifs, en attendant des signaux plus convaincants sur la reprise du cycle économique.

Source : Silex Partners

 

Chine et marchés émergents

En Chine, la reprise se poursuit mais reste inégale : les investissements publics soutiennent la croissance, tandis que la consommation et l’immobilier peinent à redémarrer.

Les marchés émergents profitent d’un dollar affaibli et d’une inflation maîtrisée, mais leur dynamique reste dépendante du cycle mondial. La sélectivité géographique et sectorielle demeure donc essentielle.

Pour l’heure, la Chine reste un moteur hésitant de la croissance mondiale, tandis que d’autres économies émergentes, comme l’Inde ou le Brésil, tirent mieux leur épingle du jeu.

📉 Analyse des marchés :

Actions :

Les marchés actions ont poursuivi leur progression début octobre, soutenus par la solidité des résultats d’entreprise et l’anticipation d’une détente monétaire.

Toutefois, la montée des valorisations et la multiplication des zones d’incertitude (emploi, géopolitique) renforcent la nécessité d’un positionnement sélectif. Des prises de bénéfices ont effectivement eu lieu en fin de mois, comme évoqué dans la précédente édition de cette lettre.

Les secteurs liés à la transition digitale et technologique continuent de capter l’attention, mais le potentiel de surprise positive devient plus limité. Le message aux investisseurs est clair : le moteur reste allumé, mais la prudence s’impose.

Cours du S&P 500 depuis début janvier / Source : Boursorama.com

 

Obligations & taux :

Le marché obligataire montre des signes de regain d’intérêt : les taux souverains se stabilisent après la forte remontée et offrent désormais des rendements plus porteurs.

Cela permet de réintégrer ce segment dans les portefeuilles, à condition de privilégier la qualité et de limiter la duration. En revanche, l’environnement reste incertain pour les obligations à haut rendement ou très longues échéances, notamment face à l’évolution de la politique monétaire et aux risques budgétaires.

L’obligation retrouve son rôle de diversification, sans redevenir un pari offensif.

 

Matières premières & devises :

Côté matières premières, l’or reste pertinent dans une logique d’actif refuge, profitant des tensions géopolitiques et d’un dollar en repli modéré. Le pétrole stagne dans un corridor de prix entre 60 $-70 $ le baril, en raison d’un équilibre fragile entre l’offre maîtrisée et une demande hésitante.

Du côté des devises, le dollar gagne un peu de terrain face à l’euro, ce qui soutient les marchés mais impose la vigilance : un rebond prolongé du billet vert pourrait peser sur les actifs risqués, notamment les pays émergents.

Cours d’une once d’or depuis début janvier / Source : Boursorama.com

🔮 Nos perspectives :

Les marchés abordent la fin de l’année dans un climat de relative accalmie : la croissance ralentit sans basculer en récession, les banques centrales amorcent un virage plus souple, et la volatilité reste maîtrisée.

Pour autant, la visibilité demeure limitée — tant sur le plan budgétaire que géopolitique.

 

Actions :

Nous conservons un biais légèrement positif sur les actions.

Les perspectives de détente monétaire et la solidité des bilans d’entreprises soutiennent les marchés, mais la sélectivité devient essentielle :

  • États-Unis : privilégier les sociétés génératrices de flux de trésorerie, peu endettées et capables de défendre leurs marges.

  • Europe : rester exposé aux valeurs défensives et aux grandes capitalisations internationales, plus résilientes face à la conjoncture politique.

  • Marchés émergents : conserver une exposition ciblée sur les économies à croissance interne comme l’Inde, en limitant le poids de la Chine.

Notre conviction : privilégier la qualité et la diversification, tout en restant prêts à renforcer les expositions en cas de correction technique.

 

Obligations et taux

Les rendements redevenus attractifs redonnent toute leur place aux obligations dans les portefeuilles patrimoniaux.

Nous privilégions une duration intermédiaire, concentrée sur la dette souveraine et le crédit Investment Grade.

Notre conviction : les taux actuels permettent de reconstituer sereinement une poche obligataire de qualité, tout en préservant la flexibilité.

 

Matières premières et devises

Les actifs réels conservent leur rôle de couverture et de diversification.

L’or demeure une composante stratégique dans un environnement de politiques monétaires moins prévisibles, tandis que le pétrole reste enfermé dans un couloir étroit autour de 65 dollars.

Sur les devises, un dollar moins fort redonne un peu de souffle aux émergents et soutient l’euro. Mais attention à une remontée trop brutale du billet vert.

Nous restons attentifs à une éventuelle inversion de tendance si la Fed devait à nouveau ralentir son cycle d’assouplissement.

Notre conviction : maintenir une exposition équilibrée aux actifs réels pour amortir les phases de stress et protéger le pouvoir d’achat des portefeuilles.

📈 Performances des marchés  

Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

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