Lettre Mensuelle d'AJF - septembre 2025

 Temps de lecture: 5 minutes.


💡 L’essentiel à retenir :

Actualité : France : chute du gouvernement Bayrou – Un vote de défiance à l’Assemblée nationale ouvre une séquence politique incertaine.

Analyse marché : États-Unis : premiers signes de ralentissement – L’économie montre des fragilités avec une baisse des créations d’emplois et un regain de volatilité.

Perspectives : Rester défensif dans un contexte instable – Focus sur les valeurs peu cycliques, les obligations de qualité et une gestion active des portefeuilles.

📊 L’essentiel de l’actualité :

France : chute du gouvernement Bayrou

C’est désormais officiel : le gouvernement mené par François Bayrou a été renversé lundi 8 septembre à l’Assemblée nationale, à la suite d’un vote défavorable.

Le résultat de ce vote, bien que largement anticipé, provoque de nouvelles incertitudes politiques majeures en France, alors que le pays fait face à des pressions budgétaires intenses et à des regards de plus en plus critiques de la part de Bruxelles et des agences de notation.

Les marchés financiers, pour l’instant, ont réagi avec modération, mais le spread OAT-Bund (écart de taux entre la dette française et allemande) reste sous surveillance étroite.

Dans ce climat d’instabilité, les investisseurs internationaux pourraient demander une prime de risque plus élevée pour continuer à financer la dette française, ce qui compliquerait la trajectoire de rétablissement budgétaire du pays.

Répartition des votes par groupe politique, source LCP Assemblée Nationale

États-Unis : premiers signes d’essoufflement

Après une période de croissance robuste, les premiers signaux de ralentissement apparaissent dans l’économie américaine.

En août, seules 22 000 créations d’emplois ont été enregistrées, bien en dessous des attentes, avec en prime une révision à la baisse des chiffres de juillet.

Le taux de chômage remonte légèrement, alimentant les critiques du président Trump, qui n’hésite pas à accuser la Fed de ne pas baisser ses taux assez vite… ni à remettre en cause la fiabilité des statistiques officielles.

Les marchés intègrent désormais de plus en plus nettement l’hypothèse de deux baisses de taux avant la fin de l’année. Malgré cela, les indices actions restent bien orientés, même si la prudence gagne du terrain.

Création de nouveaux emplois aux Etats-Unis (en milliers), source US Bureau of Labor Statistics

Chine : un rebond encore fragile

Pékin tente de rassurer les marchés avec de nouvelles mesures de soutien, mais le redressement reste timide.

La consommation intérieure reste modérée, et la crise immobilière continue de freiner l’élan économique.

Certains secteurs industriels repartent à la hausse, mais l’environnement extérieur – notamment les tensions commerciales avec les États-Unis – empêche une reprise franche.

La Chine concentre désormais ses efforts sur la stabilisation financière et la relance de l’innovation technologique locale.

📉 Analyse des marchés :

Le mois de septembre débute dans un climat de prudence généralisée, avec des marchés financiers tiraillés entre des indicateurs macroéconomiques divergents et des incertitudes politiques persistantes.

Actions :

Aux États-Unis, les indices boursiers marquent une pause après un été haussier. Le S&P 500 évolue en légère consolidation, tandis que le Nasdaq reste volatil, impacté par des prises de bénéfices sur les valeurs technologiques.

Les investisseurs intègrent progressivement l’idée d’un ralentissement de la croissance économique, comme en témoignent les faibles chiffres de l’emploi. Cette fragilité alimente toutefois l’anticipation d’une double baisse des taux directeurs de la Fed d’ici fin 2025, ce qui limite la pression à la baisse sur les actions.

En Europe, les marchés restent relativement résilients malgré un contexte économique peu porteur. Les secteurs défensifs sont recherchés, tandis que les cycliques souffrent du ralentissement industriel allemand. Le vote de confiance en France pèse sur la visibilité politique à court terme, même si le CAC 40 se maintient grâce à une légère remontée des valeurs du luxe et de l’énergie.

Côté Asie, les places boursières chinoises peinent à convaincre. Malgré les annonces de Pékin en faveur d’un soutien économique accru, la faiblesse de la demande intérieure et la défiance des investisseurs étrangers limitent les rebonds. À noter que les flux se redirigent progressivement vers les marchés émergents plus stables, notamment l’Inde et l’Indonésie.

Cours du CAC 40 sur 1 an, source boursorama.com

Obligations :

Du côté des taux d’intérêt, les marchés obligataires se stabilisent. Les rendements des emprunts d’État américains se détendent légèrement, anticipant une politique monétaire plus accommodante. En Europe, la trajectoire des taux reste conditionnée par les décisions de la BCE, mais les spreads entre les pays du Nord et du Sud se sont écartés, signe d’une tension budgétaire croissante dans certains pays, dont la France.

 

Matières premières :

Enfin, sur le marché des matières premières, l’or reste bien orienté en tant que valeur refuge, tandis que le pétrole se stabilise autour des 62 dollars le baril, alors que l’OPEP vient d’acter une nouvelle augmentation de sa production.

Cours de l'once d'or sur 1 an, source boursorama.com

🔮 Nos perspectives :

À l’approche de l’automne, la visibilité reste faible sur les marchés, et l’heure n’est plus aux paris audacieux. Plusieurs signaux incitent à renforcer une approche prudente, sélective et diversifiée.

Aux États-Unis, la dynamique économique ralentit et les marchés actions pourraient entrer dans une phase de consolidation. La probabilité de deux baisses de taux par la Fed d’ici fin 2025 reste élevée, mais cela ne garantit pas une reprise immédiate des valorisations. Nous restons sélectifs, avec une préférence pour les entreprises défensives et génératrices de cash-flow.

En Europe, les valorisations restent attractives mais le contexte politique (France, Italie) et économique (faible croissance, déficit public) limite le potentiel de hausse à court terme. Une exposition mesurée aux grandes capitalisations stables, notamment dans la santé et l’énergie, semble pertinente.

Sur les marchés émergents, la prudence reste de mise, à l’exception de quelques pays offrant une meilleure visibilité politique et des perspectives de croissance interne solides, comme l’Inde ou l’Indonésie.

Côté obligations, les rendements redevenus plus attractifs permettent d’envisager une allocation plus marquée sur la dette souveraine de qualité (US Treasuries, Bunds allemands), en complément d’un peu de crédit investment grade, en restant vigilants sur le risque de liquidité.

Enfin, nous maintenons une exposition modérée aux matières premières, notamment à l’or, qui joue toujours son rôle d’assurance face aux incertitudes géopolitiques et monétaires.

📈 Performances des marchés  

Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

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