Lettre Mensuelle d'AJF - juillet 2025
Temps de lecture: 5 minutes.
💡 L’essentiel à retenir :
Actualité : L’économie mondiale est hésitante, la BCE baisse ses taux, et l’IA continue de porter les marchés technologiques.
Analyse marché : Les actions poursuivent leur progression, les taux européens reculent, et les matières premières évoluent dans un climat stable.
Perspectives : Nous restons positifs sur les actions, surtout en Europe, augmentons la duration obligataire, et conservons une exposition défensive à l’or.
📊 L’essentiel de l’actualité :
Une croissance mondiale en demi-teinte
L’économie mondiale semble stagner. Le FMI anticipe désormais une croissance globale de 2,8 % en 2025.
Pourtant, aux États-Unis, l’emploi reste dynamique avec un taux de chômage stable à 4,1 %, et la consommation des ménages continue de soutenir l’activité. Mais le nouveau budget proposé par Donald Trump et récemment adopté représente un contrepoids de taille pour l’économie de l’Oncle Sam.
En zone euro, la production industrielle allemande a progressé sur le trimestre, signe d’un redémarrage graduel.
En Chine, la consommation redémarre lentement, soutenue par des mesures de relance ciblées. Ces signaux rassurent les marchés, qui ont intégré une probabilité réduite de récession mondiale à court terme.
Banques centrales : des trajectoires divergentes
La BCE a initié une première baisse de taux en juin, ramenant le taux de dépôt à 2,00 %, contre 2,25 % auparavant. En parallèle, la Fed maintient le sien inchangé à 4,50%, en attendant un repli plus marqué de l’inflation, notamment dans les services.
Ce différentiel de politique monétaire a entraîné une appréciation de l’euro, qui s’échange désormais autour de 1,17 dollar, contre 1,14 dollar le mois dernier. Les marchés monétaires anticipent une première baisse de taux de la Fed à l’automne, probablement en septembre.
L’IA continue de porter les marchés technologiques
La vague d’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle ne faiblit pas. Le secteur des semi-conducteurs a progressé de +18 % depuis le début de l’année, tiré par les performances spectaculaires de sociétés comme Nvidia et AMD.
L’indice Nasdaq, très exposé à la tech, affiche une progression de +7 % depuis janvier. Cette dynamique repose sur une croissance des investissements en IA estimée à plus de 20 % par an d’ici 2027. Si les perspectives restent favorables, certains analystes commencent toutefois à alerter sur les niveaux de valorisation élevés, avec un Nasdaq qui se traite à plus de 40 fois les bénéfices attendus.
Analyse des marchés :
Les marchés financiers poursuivent leur trajectoire haussière, soutenus par une croissance économique résiliente, une désinflation progressive, et des politiques monétaires en transition. L’environnement reste porteur, mais les niveaux de valorisation et les incertitudes géopolitiques appellent à la prudence.
Actions : progression généralisée, menées par la tech
Les grands indices mondiaux sont bien orientés. Le S&P 500 gagne environ +7 % depuis janvier, porté par la solidité de l’économie américaine et l’enthousiasme autour de l’IA. En Europe, le CAC 40 et le DAX progressent respectivement d’environ +4,5 % et +21 %, avec un retour marqué des flux sur les valeurs industrielles et financières.
Au Japon, la dynamique reste favorable (+2 % depuis janvier pour le Topix), soutenue par les exportations et une politique monétaire toujours accommodante. La Chine, en revanche, reste plus hésitante malgré quelques signes de reprise.
Obligations : la détente se poursuit en Europe
Le ton plus souple de la BCE a fait baisser les rendements obligataires européens. Le Bund à 10 ans évolue autour de 2,5 %, contre 2,6 % un mois plus tôt. Cette détente soutient les obligations d’État et le crédit investment grade.
Aux États-Unis, les taux restent plus élevés : le Treasury à 10 ans se stabilise, dans l’attente d’une décision de la Fed prévue après l’été. Les spreads sur le haut rendement se sont légèrement resserrés, mais les flux restent prudents sur ce segment.
Matières premières : stabilité relative
L’or reste proche de ses derniers sommets à 3 300 $ l’once, soutenu par les incertitudes géopolitiques et une politique monétaire moins agressive. Le pétrole, lui, évolue entre 65 et 70 $ le baril, pris entre la reprise industrielle mondiale et les coupes de production de l’OPEP+. Les marchés de matières premières restent stables.
🔮 Nos perspectives :
Nous restons globalement confiants sur les marchés actions à l’aube du second semestre, dans un contexte économique plus résilient qu’anticipé et marqué par un reflux progressif de l’inflation.
Aux États-Unis, la solidité de la consommation et l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle devraient continuer de soutenir les indices, mais les valorisations élevées, notamment sur les grandes valeurs technologiques, incitent à davantage de sélectivité. Nous privilégions ainsi un rééquilibrage progressif vers des secteurs comme la finance ou l’industrie, qui bénéficient de la normalisation des taux.
En Europe, la baisse de taux de la BCE renforce notre conviction sur le potentiel du marché actions, d’autant que les valorisations y restent modérées. Les valeurs industrielles et bancaires, souvent sous-représentées dans les portefeuilles, présentent selon nous un couple rendement/risque attractif dans cet environnement de croissance lente mais stable.
Le Japon reste également une zone d’opportunités, avec des flux soutenus vers ses valeurs exportatrices, même si la volatilité monétaire demande une gestion plus tactique.
Sur le marché obligataire, nous prolongeons notre stratégie de réexposition à la duration, en particulier en zone euro, où le mouvement de détente monétaire devrait se poursuivre modérément. Les emprunts d’État et les obligations investment grade constituent aujourd’hui une base de portefeuille pertinente. À l’inverse, nous restons prudents sur le segment du haut rendement, qui demeure vulnérable en cas de ralentissement ou de stress de liquidité.
Enfin, en ce qui concerne les matières premières et métaux précieux, l’or continue de jouer son rôle d’actif défensif dans un environnement marqué par l’incertitude géopolitique. Le pétrole, quant à lui, reste prisonnier d’un canal étroit, avec des perspectives mitigées sur la demande mondiale. Nous préconisons de conserver une exposition modérée à ces actifs, plus en tant que couverture qu’en recherche de performance pure.
📈 Performances des marchés
Nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.
Cordialement,
Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée
Disclaimer
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