Lettre Mensuelle d'AJF - Mai 2025

 Temps de lecture: 5 minutes.


💡 L’essentiel à retenir :

Actualité : Les États-Unis ravivent les tensions commerciales avec une offensive tarifaire historique, entraînant une riposte immédiate de la Chine.

Analyse marché : Les marchés mondiaux ont été secoués par une volatilité exceptionnelle, dans un climat dominé par l’incertitude et la fuite vers les actifs refuges.

Perspectives : Dans ce contexte instable, nous privilégions une exposition défensive : obligations souveraines, or, et sélection rigoureuse sur les marchés actions.

📊 L’essentiel de l’actualité :
Point sur la situation aux Etats-Unis

Le mois d’avril 2025 a été marqué par une instabilité grandissante sur les marchés américains.

Malgré une activité économique qui demeure globalement solide – soutenue par une consommation des ménages robuste et un taux de chômage toujours bas – plusieurs signaux ont ravivé les tensions.

En premier lieu, l’inflation, bien que légèrement orientée à la baisse sur les biens, reste élevée sur les services. Cette situation pousse la Réserve fédérale à maintenir une posture prudente, entre volonté de stabiliser les prix et nécessité de ne pas freiner excessivement la croissance.

Mais le véritable facteur déclencheur de l’incertitude a été l’intensification des annonces protectionnistes de la Maison Blanche.

Donald Trump a confirmé l’entrée en vigueur de droits de douane généralisés, avec des conséquences directes sur les perspectives de croissance mondiale et les chaînes d’approvisionnement. Ces annonces ont fortement perturbé les marchés financiers : la volatilité a explosé, avec des séances marquées par des variations brutales des principaux indices, à la hausse comme à la baisse.

Sur le mois, le S&P 500 et le Nasdaq ont oscillé dans une fourchette de près de 20 %, sans réelle direction, traduisant l’hésitation des investisseurs.

Dans ce climat de grande incertitude, les investisseurs restent dans l’attente de données plus lisibles sur la politique monétaire à venir, mais surtout sur l’ampleur des mesures commerciales américaines et leurs conséquences sur l’économie globale.

Un bras de fer commercial avec la Chine

 
Depuis le début de l’année 2025, les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont fortement détériorées, marquées par une escalade sans précédent des droits de douane.

Sous l’administration du président Donald Trump, les États-Unis ont imposé des droits de douane supplémentaires sur les produits chinois. En avril 2025, ces droits ont atteint un taux record de 145 % sur de nombreux produits, bien que certains articles électroniques aient été exemptés de cette augmentation.

Cette décision s’inscrit dans une politique commerciale protectionniste visant à réduire le déficit commercial américain et à encourager la production nationale.

En réponse, la Chine a augmenté ses propres droits de douane sur les produits américains. Le 9 avril 2025, Pékin a annoncé une hausse de ses tarifs douaniers à 84 %, contre 34 % précédemment.

Malgré ces tensions, des signes d’ouverture au dialogue émergent. Début mai 2025, la Chine a indiqué qu’elle “évalue” une proposition américaine visant à entamer des négociations pour résoudre le différend commercial. Cependant, les positions restent éloignées, et la perspective d’un accord rapide demeure incertaine.

L’Europe prise entre deux feux ?

 
Le mois dernier, l’Europe s’est retrouvée au cœur d’une tourmente géopolitique et commerciale qu’elle n’avait pas initiée, mais dont elle subit pleinement les répercussions.

Face à l’escalade entre les États-Unis et la Chine, le Vieux Continent tente tant bien que mal de maintenir sa position d’arbitre et de préserver ses intérêts économiques. La hausse soudaine des droits de douane américains sur les produits chinois et la riposte immédiate de Pékin ont bouleversé les flux commerciaux mondiaux.

Dans ce contexte, les entreprises européennes, en particulier celles des secteurs industriels, automobiles et technologiques, redoutent un effet domino sur les chaînes d’approvisionnement déjà fragilisées depuis la pandémie. La hausse des coûts logistiques et le risque d’un ralentissement global de la demande internationale menacent la reprise encore fragile de la zone euro.

Du côté des marchés, l’Europe n’a pas été épargnée par la volatilité. Le CAC 40, le DAX et l’Euro Stoxx 50 ont enregistré des séances de forte amplitude, dans le sillage des places américaines et asiatiques. Pourtant, les valorisations plus raisonnables des entreprises européennes, combinées à une inflation en légère baisse, ont permis un certain soutien aux cours.

Enfin, sur le plan politique, la Commission européenne reste divisée. Faut-il répliquer aux mesures américaines pour protéger les intérêts européens ou tout faire pour éviter une escalade ? La pression monte, notamment dans les secteurs stratégiques comme la défense, l’énergie ou les semi-conducteurs, où les décisions devront être rapides et coordonnées.

L’Europe avance donc sur une ligne de crête : prise entre les deux géants, elle doit défendre ses intérêts économiques tout en préservant une stabilité politique déjà mise à rude épreuve.

📉 Analyse des marchés :

Le mois dernier a été dominé par une hausse spectaculaire de la volatilité sur les marchés financiers mondiaux, conséquence directe du choc protectionniste américain et de la riposte chinoise.

Actions : la nervosité domine

 
Les indices actions ont subi une forte baisse, rattrapée en grande partie en fin de mois. Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq ont été très volatils, tiraillés entre une consommation intérieure encore dynamique et les craintes d’un ralentissement mondial induit par les tensions commerciales.

En Chine, les indices ont fortement corrigé, affectés par les représailles douanières américaines et une confiance des entreprises en berne.

En Europe, les marchés ont globalement mieux résisté, malgré une sensibilité élevée aux échanges internationaux. La prudence domine toutefois, en particulier dans les secteurs cycliques, tandis que les valeurs dites défensives ont été plébiscitées par les investisseurs.

Matières premières : tensions sur l’énergie, soutien à l’or

 
Le pétrole est resté sous pression, affecté par les perspectives d’un ralentissement du commerce mondial. Le Brent s’est stabilisé autour des 60 dollars, en attente d’un éventuel soutien de l’OPEP. L’or a quant à lui pleinement joué son rôle de valeur refuge : face aux risques systémiques croissants, les investisseurs ont renforcé leurs positions, soutenant les prix au plus haut depuis le début de l’année.

Obligations et devises : fuite vers la sécurité

 
Les marchés obligataires ont eux aussi affirmé leur statut de valeur refuge. Les rendements souverains des grandes économies ont baissé, traduisant un net regain d’aversion au risque. Le dollar, quant à lui, a été fragilisé par les tensions commerciales et les craintes sur les déficits américains. L’euro en a profité, revenant au-dessus de 1,13 dollar.

Matières premières : l’or résiste, l’énergie sous pression

Dans ce contexte de stress généralisé, les métaux précieux ont bien résisté et joué leur rôle d’actifs refuges. L’or a subi une correction d’environ 2,7% et tend actuellement à se stabiliser.

Les énergies fossiles ont, elles aussi, reculé. Le pétrole est passé sous la barre des 60 dollars le baril, pénalisé par les perspectives de ralentissement du commerce mondial.

🔮 Nos perspectives :

Les semaines à venir s’annoncent chargées, dans un contexte de tensions commerciales et d’incertitude politique.

Dans cet environnement, nous privilégions une approche sélective, défensive et diversifiée.

📈 Actions

 
Nous restons prudents sur les marchés actions dans leur ensemble. Les valorisations restent tendues aux États-Unis, où les marges des entreprises pourraient être mises sous pression par les droits de douane et un ralentissement de la demande mondiale.

En revanche, nous conservons une exposition aux marchés européens, qui bénéficient de valorisations plus attractives et d’un moindre impact immédiat des tensions sino-américaines. Les secteurs défensifs (santé, consommation de base) et les entreprises peu exposées à l’international sont à privilégier.

💵 Obligations

 
Les obligations souveraines de haute qualité retrouvent un rôle central dans les portefeuilles. Les tensions actuelles devraient inciter les banques centrales à temporiser leurs politiques, voire à réagir en cas de ralentissement marqué.

⚙️ Matières premières

 
L’or conserve notre préférence en tant que couverture contre les risques géopolitiques et l’instabilité économique. Son potentiel reste intact tant que la visibilité ne s’améliore pas.

Concernant l’énergie, la prudence est de mise : la baisse des perspectives de croissance mondiale pourrait peser durablement sur les prix, en dépit d’un éventuel soutien de l’OPEP.

📈 Performances des marchés  

En ces temps compliqués pour les marchés, nous restons naturellement à votre disposition si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie d’investissement.

Cordialement,

Jonah Pégoud, Associé Gérant et Responsable des Allocations chez AJF Gestion Privée

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